« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. » — Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince
En tant que psychopraticienne en thérapie brève spécialisée dans l'accompagnement émotionnel, je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « Je n'arrive plus à gérer mes émotions », « Je me sens submergé(e) en permanence », « J'ai l'impression d'être trop sensible ».
Ces mots résonnent particulièrement chez les personnes qui ressentent avec intensité — celles qu'on appelle parfois hypersensibles, émotionnellement sensibles, ou simplement sensibles. Pour elles, une remarque blessante peut résonner pendant des jours, un conflit peut générer un épuisement profond, et le simple fait de ressentir fort devient parfois une source de culpabilité.
Dans notre société qui valorise le contrôle émotionnel comme une compétence indispensable, ces personnes entendent souvent : « Gère tes émotions », « Reste calme », « Prends du recul ». Autant d'injonctions qui, loin d'aider, créent une pression supplémentaire et une lutte intérieure épuisante.
Et si la solution n'était pas de mieux gérer nos émotions, mais d'apprendre à les apprivoiser ?
C'est cette approche douce, respectueuse et profondément humaine que je souhaite partager avec vous dans cet article.
Pour beaucoup de personnes qui ressentent avec intensité, les émotions sont vécues avec une acuité particulière. Une remarque blessante, un conflit, une déception : tout résonne plus fort, plus longtemps. Face à cette réactivité, l'entourage — parfois bien intentionné — conseille de « ne pas se laisser déborder », de « rationaliser », de « relativiser ».
Mais voici le paradoxe : plus on tente de contrôler une émotion, plus elle revient avec force.
Sarah pleure au bureau après une remarque de son responsable. Elle se dit : « Je suis ridicule, je dois me contrôler. » Résultat : elle pleure encore plus et ressent de la honte en plus de la tristesse. En combattant ses larmes, elle a doublé sa souffrance : l'émotion initiale + le jugement porté sur cette émotion.
Ce mécanisme crée un cercle vicieux familier à plusieurs personnes que j'accompagne :
Émotion surgit → Tentative de contrôle → Épuisement → L'émotion revient plus fort → Culpabilité
À la longue, cette lutte permanente conduit à l'épuisement émotionnel, voire au burn-out émotionnel. J'accompagne régulièrement des personnes dans cette situation, que ce soit à mon cabinet de Torcy ou dans les communes environnantes (Bussy-Saint-Georges, Lagny-sur-Marne, Champs-sur-Marne, Noisiel, Lognes, Chelles, Pontault-Combault).
Dans mon accompagnement, j'utilise l'approche de la Thérapie Brève Self Inductive (TBSI), créée par Jean-Marc Henriot. Cette méthode propose une vision libératrice : le problème n'est pas l'émotion elle-même, mais notre relation à elle.
L'émotion n'est pas une ennemie à combattre, mais un signal à accueillir, un message à décoder.
Gérer ses émotions, c'est souvent les ignorer, les étouffer, les mettre sous le tapis. C'est se positionner en lutte contre soi-même et risquer qu'elles reviennent avec plus de force.
Apprivoiser ses émotions, c'est les accueillir pour mieux les maîtriser : reconnaître ce qu'on ressent, comprendre le message, puis les réguler avec douceur pour ne pas se laisser submerger. C'est se rapprocher de ce qu'on ressent avec patience, comme le renard du Petit Prince qui explique qu'on n'apprivoise pas en forçant, mais en s'approchant jour après jour, avec douceur.
Pour ceux qui vivent leurs émotions intensément, ce changement de posture est profondément libérateur. Il ne s'agit plus de corriger un défaut ou de devenir quelqu'un d'autre, mais d'apprivoiser une richesse — car oui, ressentir fort est aussi une richesse.
Dans mon accompagnement en cabinet, je propose des outils simples, doux et efficaces. Voici trois clés que vous pouvez commencer à appliquer dès aujourd'hui.
Les émotions non nommées restent floues et envahissantes. Quand on pose des mots sur ce qu'on ressent, l'intensité diminue naturellement. C'est ce que les neurosciences appellent « l'étiquetage émotionnel » : nommer une émotion active les zones cérébrales de régulation et apaise l'amygdale, centre de l'alerte émotionnelle.
Comment faire ?
• Quand ? Le soir, avant de dormir, pendant 5 minutes maximum
• Comment ? Prendre une feuille et un stylo (ou un carnet dédié)
• Quoi écrire ? 2 à 3 phrases simples sur ce qu'on a ressenti dans la journée
Exemple concret :
« Aujourd'hui, je me suis sentie submergée quand ma collègue m'a fait cette remarque. J'ai ressenti de la colère et de la honte. »
Règle importante : Ne pas se relire. L'objectif n'est pas de produire un beau texte, mais de laisser sortir ce qui est là. L'écriture devient alors une soupape émotionnelle.
Pourquoi ça marche ?
En mettant des mots sur l'émotion, on crée une distance apaisante. On passe de « je suis submergée » à « j'ai ressenti de la colère ». Ce léger décalage grammatical fait toute la différence : l'émotion n'est plus toute notre identité, elle devient une expérience que l'on traverse.
La sensibilité émotionnelle n'est pas qu'une vulnérabilité aux émotions difficiles. C'est aussi une capacité rare à vivre intensément la beauté, la douceur, la joie. Un sourire sincère, un rayon de soleil, une musique touchante : tout résonne plus fort.
Cette richesse mérite d'être cultivée consciemment.
Dans mes accompagnements, j'observe souvent que les personnes sensibles se concentrent uniquement sur leurs émotions difficiles, oubliant leur capacité à savourer intensément les moments agréables. Pourquoi ne pas aussi nourrir cette capacité ?
Comment faire ?
• Quand ? Une fois par jour, à n'importe quel moment
• Comment ? Repérer UN moment agréable de la journée (même tout petit)
• Exemples concrets :
- Le sourire d'un collègue
- Le goût du café du matin
- Le soleil sur la peau
- Un message affectueux
- Le rire d'un enfant
- Un compliment reçu
- Le silence apaisant d'une fin de journée
• Action : Prendre 30 secondes pour "savourer" consciemment ce moment. Fermer les yeux, revivre la sensation, laisser la douceur s'installer.
Pourquoi ça marche ?
Les personnes sensibles ont cette capacité précieuse de ressentir intensément la beauté et la douceur. En collectionnant consciemment ces moments, on crée une banque de souvenirs précieux où puiser dans les moments difficiles. On nourrit sa résilience émotionnelle.
On rééquilibre aussi sa relation aux émotions : "Je ressens fort le difficile ET je ressens fort le beau."
Exemple tiré de ma pratique :
Julie, que j'accompagne, avait tendance à ruminer ses difficultés. Elle a commencé à noter mentalement un moment agréable chaque jour. Aujourd'hui : le sourire de son fils en la voyant. Elle prend 30 secondes pour fermer les yeux et revivre ce sourire. Après quelques semaines, elle constate qu'elle ressent davantage de gratitude au quotidien, sans nier ses difficultés.
Dans mon approche en Thérapie Brève Self Inductive, j'aide mes patients à comprendre que chaque émotion est porteuse d'un message sur un besoin non satisfait. Quand on apprend à décoder ce message, on cesse de subir l'émotion et on devient acteur de sa vie émotionnelle.
Le tableau des besoins émotionnels :
COLÈRE
→ Besoin de respect, de justice
→ Question : « Quelle limite a été franchie ? »
TRISTESSE
→ Besoin de réconfort, de connexion
→ Question : « De quoi ai-je besoin pour me sentir consolé(e) ? »
PEUR
→ Besoin de sécurité, de protection
→ Question : « Qu'est-ce qui me rassurerait ? »
HONTE
→ Besoin d'appartenance, d'acceptation
→ Question : « Qu'est-ce que je juge en moi ? »
CULPABILITÉ
→ Besoin de réparer, de cohérence
→ Question : « Qu'est-ce que je dois faire pour être en paix ? »
Comment l'utiliser ?
Quand une émotion surgit, se poser ces 3 questions :
1. Quelle émotion je ressens exactement ? (nommer précisément)
2. Quel besoin cette émotion révèle-t-elle ? (consulter le tableau ci-dessus)
3. Quelle petite action pourrait nourrir ce besoin ? (même symbolique)
Exemple concret :
Sophie, accompagnée en séance, ressent de la colère après avoir accepté une tâche supplémentaire alors qu'elle est déjà débordée.
• Émotion : Colère
• Besoin : Respect de ses limites
• Action possible : Envoyer un message à son responsable pour renégocier le délai, ou bloquer du temps dans son agenda pour cette tâche
Cette simple prise de conscience permet de sortir de la réactivité émotionnelle et d'agir de manière alignée avec ses besoins profonds.
Dans mes accompagnements, je rappelle souvent cette vérité : apprivoiser ses émotions ne se fait pas en un jour. C'est un chemin de patience et de bienveillance envers soi-même.
Pour les personnes émotionnellement sensibles, cette sensibilité n'est pas un défaut à corriger, mais une boussole intérieure précieuse. Elle vous permet de repérer ce qui compte vraiment, ce qui est vivant, ce qui touche juste.
La liberté ne vient pas du contrôle, mais de l'accueil. Quand on cesse de se battre contre ce qu'on ressent, on découvre qu'il est possible de cohabiter avec ses émotions sans se laisser submerger.
Comme l'écrit si justement le Petit Prince : « On ne voit bien qu'avec le cœur. ». Nos émotions sont ce cœur qui voit. Apprenons à les écouter avec douceur.
✓ L'émotion n'est pas l'ennemie, elle est messagère. Elle porte un message sur nos besoins profonds.
✓ Apprivoiser demande de la douceur, pas de la force. Le contrôle émotionnel épuise, l'accueil apaise.
✓ Votre sensibilité peut devenir votre force. En apprenant à apprivoiser vos émotions, vous transformez une vulnérabilité apparente en sagesse intérieure.
Dans mon approche, les émotions trouvent un espace d’écoute respectueux, sans interprétation hâtive.
Elles sont comprises, reliées à l’expérience de vie et transformées en pistes concrètes pour avancer sereinement.
Apprendre à accueillir ses émotions, c’est apprendre à s’aimer un peu mieux, à se tenir debout sans se durcir, à rester sensible sans être vulnérable à tout.
Changer de regard sur ses émotions, c’est aussi se redonner le droit d’être humain — certes faillible mais tellement vivant.
Carl Rogers, fondateur de l'Approche Centrée sur la Personne, a montré l'importance de l'acceptation inconditionnelle de soi pour un changement durable. Son approche humaniste inspire profondément ma pratique.
Jean-Marc Henriot, créateur de la Thérapie Brève Self Inductive (TBSI), propose une approche intégrative qui place l'émotion et l'authenticité au cœur du processus thérapeutique. Cette méthode guide mon accompagnement au quotidien.
Antonio Damasio, neuroscientifique, a démontré dans ses travaux (L'erreur de Descartes, 1995) que les émotions ne sont pas des obstacles à la raison, mais des guides essentiels à nos décisions et à notre bien-être.
Nadira Douma - Psychopraticienne en thérapies brèves
Cabinet à Torcy (77200), Marne-la-Vallée, Seine-et-Marne
Article publié le 13/01/2026
Si vous ressentez le besoin d'être accompagné(e) pour apprivoiser vos émotions et retrouver un équilibre intérieur respectueux de qui vous êtes, je propose des séances d'accompagnement émotionnel en Thérapie Brève Self Inductive (TBSI).
Mon cabinet est situé à Torcy (77200), facilement accessible, notamment depuis Bussy-Saint-Georges, Lagny-sur-Marne, Champs-sur-Marne, Noisiel, Lognes, Chelles, Pontault-Combault.
Je reçois des adultes, adolescents et enfants dans une approche douce, humaniste et respectueuse de votre rythme.
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